mercredi 7 septembre 2016




Plateau de Bure. Un erg lunaire parsemé de pierres sphériques roulées par les vents. Le terrain est tantôt bombé, tantôt creusé en cuvettes ; succession de concavités, convexités interrompue par des falaises sans franchise ou bien prolongés par des promontoires dramatiquement érodés : tête d’Aurouze etc.. têtes de bélier luttant contre le temps.
Un immense terrain de jeu pour le soleil et pour les vents ; une dernière station où la neige trouve également refuge, une neige granuleuse qui craque sous le pied. En été ce doit être l’Afrique, mais en décembre c’est plutôt l’Arctique et une polychromie boréale, des bleus pâles, des blancs cassés, des jaunes sulfureux. Le plateau de Bure est une résurgence chtonienne dont les bosselures parfaitement arides semblent prises dans les invisibles filets d’un ciel qui assèche, d’un ciel-ventouse où se déchaine le Shiva des vents.
Terre déplacée, hors propos, échouée dans des hauteurs qui la forment en l’affamant, ouvertes sur des espaces ouraniens qui la martellent ou ruissellent sur elle, en elle, pour lui faire exprimer d’ultimes, de grumeaux de pierre polie.

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